Il faut dire que l’industrie agro-alimentaire est accro aux additifs. La plupart du temps pour des raisons économiques : les additifs sont là pour flatter la vue et le goût, allonger la durée de vie des aliments, augmenter leur côté pratique, remplacer des ingrédients plus nobles (et plus chers).
Mais voilà : vous n’achetez pas des aliments pour augmenter les marges des fabricants. Vous le faites pour le plaisir, et pour qu’ils vous gardent en bonne santé. Nous publions ici une première liste des additifs que nous recherchons quand nous examinons les produits alimentaires, et qui n’ont, à notre avis, rien à faire dans notre alimentation (la liste n’est pas exhaustive).
Les colorants à éviter
Jaune de quinoléine (E104). Ce colorant jaune se trouve surtout dans les sodas et confiseries mais aussi dans certaines confitures et dans les boissons alcoolisées. Il est interdit aux Etats-Unis et en Australie parce que c’est un agent mutagène, potentiellement cancérogène. Le jaune de quinoléine est aussi susceptible de provoquer des réactions allergiques chez les personnes sensibles.
Azorubine/carmoisine (E122). Ce colorant synthétique rouge que l’on trouve essentiellement dans les charcuteries est interdit en Australie, en Norvège, en Suède et aux États-Unis.
Amarante (E123). Ce colorant rouge est autorisé uniquement dans les vins apéritifs, spiritueux, y compris les boissons spiritueuses de moins de 15 % d'alcool en volume et les oeufs de poisson. Il est interdit aux Etats-Unis, en Norvège, en Russie et en Autriche. Des chercheurs japonais ont établi que l’amarante est génotoxique.
Rouge Ponceau 4R / rouge cochenille (E124). Ce colorant est utilisé en pâtisserie fraîche ou sèche, entremets, flans, fruits au sirop, confiserie, bonbons, chewing-gum, chorizo. Ce colorant est probablement génotoxique.
Erythrosine (E127). Ce colorant n’est autorisé que autorisé pour les cerises pour cocktail, cerises confites ou bigarreaux au sirop. Le potentiel cancérogène de l’érythrosine est connu depuis de nombreuses années.
Rouge “allura” AC (E 129). On le trouve dans les sodas, les apéritifs, les saucisses et les viandes pour hamburger. Ce colorant est probablement génotoxique.
En 2007, le colorant alimentaire RED 2G (E 128), utilisé dans certaines saucisses, viandes à burger et confiseries, a été interdit sur le territoire européen lorsque de nouvelles preuves scientifiques ont démontré sa toxicité. Il était métabolisé en aniline, un produit potentiellement cancérigène.
Noir brillant BN (E151). Ce colorant se trouve dans les harengs fumés. Il est interdit aux Canada, aux État Unis, en Finlande, Japon, en Norvège. C’est un agent mutagène et génotoxique.
Les additifs au phosphate à proscrire
L’Agence européenne des aliments doit réévaluer ces additifs avant le 31 décembre 2018, une tâche à laquelle est assignée une « priorité haute ». Mais compte tenu des études défavorables qui s’accumulent chaque jour, et qui lient l’excès de phosphore à des risques cardiovasculaires, rénaux et maintenant de cancer, nous conseillons de ne plus consommer d’aliments qui renferment ces additifs, afin d’obliger les industriels à changer leurs pratiques. En voici la liste :
- Acide orthophosphorique (E338)
- Orthophosphates de sodium (E 339)
- Orthophosphates de potassium (E 340)
- Orthophosphates de calcium (E 341)
- Orthophosphates de magnésium (E343)
- Diphosphates (E 450)
- Triphosphates (E 451)
- Polyphosphates (E 452)
Les autres additifs indésirables
Nitrate de sodium (E251) et nitrite de sodium (E205). Ce sont des conservateurs très présents dans les charcuteries et les viandes traitées façon charcuteries (volailles…). Ils sont classés comme des cancérogènes probables par le Centre international de recherches sur le cancer (Lyon) en présence d’amines ou d’amides apportés par les viandes ou les poissons. Remplacer les nitrites est certes compliqué; en plus de la belle couleur qu'ils donnent au jambon, ils sont surtout là pour prévenir le développement de la bactérie à l'origine du botulisme (Clostridium botulinum). Il existe des alternatives : probablement plusieurs substances naturelles devront être mises ensemble à contribution (CCMP, lactates, antioxydants...). Comme cela entraînerait un coût supplémentaire pour les producteurs, et une modification des méthodes de production, rien n'avance du côté de la recherche de solutions plus sûres.
BHA (E320). Cet antioxydant de synthèse est considéré comme un cancérogène potentiel par le National Toxicology Program des Etats-Unis.
Glutamate monosodique (E621). Cet exhausteur de goût se retrouve dans de nombreux plats cuisinés et soupes. Une partie de la population et certains asthmatiques y est sensible et réagit par des symptômes regroupés sous le nom de « syndrome du restaurant chinois ». Les acides aminés excitateurs comme l’acide glutamique et l’acide aspartique sont soupçonnés d’être toxique pour les neurones et de favoriser des maladies dégénératives comme Parkinson.
Hexaméthylènetétramine (E239). Ce conservateur de synthèse utilisé dans certains fromages contient du formaldéhyde, produit chimique toxique. Il n’est pas autorisé en Australie et Nouvelle-Zélande.
Orthophénylphénol (E231). Conservateur de synthèse autorisé pour le traitement externe des agrumes, interdit en Australie et Nouvelle-Zélande. Il peut être à l’origine de réactions cutanées et d’inflammation des muqueuses.
Parabènes (E214-E219). Ces conservateurs pour cosmétiques sont également utilisés comme additifs alimentaires. Certains peuvent se comporter comme des hormones femelles. Plusieurs parabènes alimentaires sont interdits en Australie. A éviter chez les enfants et pendant grossesse et allaitement.
Les agents anti-agglomérants E556 (calcium aluminium silicate), E 558 (bentonite) et E 559 (aluminium silicate) ont aussi été retirés du marché en raison de leur teneur en aluminium, toxique à long terme. Ils étaient utilisés pour empêcher la formation de grumeaux dans les produits en poudre (sels, épices, et mélanges d’assaisonnements), dans le vin et les jus de fruits, les fromages fondus et même dans certaines préparations médicales en vente libre.
Plus récemment, en 2021, le dioxyde de titane, utilisé largement dans les cosmétiques et dans l’alimentation sous le nom de E171 s’est révélé extrêmement dangereux pour la santé. Il peut engendrer une inflammation pulmonaire qui, dans certains cas, peut favoriser le développement de cancers.
Les produits biologiques autorisent environ 50 additifs (contre plus de 300 en conventionnel), principalement d'origine naturelle (extraits de plantes, pectine, lécithines) et indispensables à la fabrication. Les colorants, arômes de synthèse et exhausteurs de goût sont interdits. Cependant, des additifs controversés comme certains nitrites/nitrates (E250, E252) ou sulfites (E220) restent autorisés dans certains produits transformés.
Par Thierry Souccar, journaliste LaNutrition et Amandine Venot journaliste National Geographic